VERDUN
(5 Avril - 25 Juin 1916) (Secteur de Bras et la côte du Poivre)

 

Depuis le 21 février 1916, une lutte sanglante est engagée sur les deux rives de la Meuse.

Sous la violence du choc ennemi, nous avons dû abandonner du terrain, mais Verdun n'a pas été pris. Au début d'avril, l'imminence d'une attaque formidable menée simultanément sur les deux rives de la Meuse, met le commandement dans l'obligation de relever les troupes qui supportent le choc depuis un mois

Le 12e Corps reçoit la mission de s'établir :

   La 24e D. I. sur la rive gauche de la Meuse. La 23e D. I. sur la rive droite.

 

"Souvenir des ruines de Charny 14 juin 1916"

      Le 5 avril, le Régiment est enlevé en automobile des cantonnements qu'il occupe (Tronville, Salmagne, Nançois-le-Petit) et transporté à Baleycourt. De là il se rend à pied à Verdun.

   Le 7, il relève le 325e sur la position intermédiaire, fort de Belleville, pont de la Galavaude Belleville. Le Régiment est en soutien, la préparation allemande est commencée, et le bombardement est ininterrompu.

   Le 9 avril, les Allemands prononcent leur attaque et pénètrent dans le bois Franco-Boche occupé par le 78e. Le 3e bataillon est alerté à Belleville et part aussitôt pour la ferme de la Folie et le bois du Bouleau.

   Le 10 avril, le 1er bataillon se rend à Bras.

Bras début avril 1916 à l'arrivèe du 138ème.

   Le 11, le 3e bataillon participe à la contre-attaque du 78e sur le bois Franco-Boche : des éléments du 138e réussissent à atteindre le ravin du Monument et le bois Franco-Boche, mais ne peuvent pousser au-delà en raison de la violence des feux de l'ennemi. Le soir, ces éléments sont ramenés dans les positions de départ.

   Le 13 et 14 avril, le 138e relève le 78e dans le secteur de Bras et de la Côte du Poivre.

   Le 17, les Allemands prononcent à nouveau une violente attaque; malgré nos barrages, quelques groupes tentent d'aborder nos lignes, ils sont repoussés sur la côte du Poivre par nos grenadiers.

   Le 19, le 1er bataillon (BEAUMONT) attaque le bois Franco-Boche. Il réussit à atteindre les lisières sud et s'y maintient.

 

Carte originale du secteur du 138ème R.I. en avril 1916 (366 ko). Agrandir la carte.

    Le 21, le bataillon DE CUSSAC attaque la tranchée de la Mare. L'opération échoue, mais dans la nuit nous réussissons dans une nouvelle tentative et nous organisons cette tranchée.

   Pendant cette période, le 138e a beaucoup souffert; la situation est, en effet, très précaire : peu de tranchées et peu d'abris. Tout travail entrepris est l'objet de tirs d'une violence inouïe, ce sont chaque jour des tentatives d'attaque, des bombardements effroyables. Les ravitaillements sont des plus pénibles et les nuits sont glaciales. Mais l'ordre est de tenir, et l'on tient.

Le champ de bataille de Verdun (photo couleur de 1916

   Les 28, 29 et 30 avril, le Régiment est relevé et envoyé au repos à Vavincourt. il en part les 7 et 8 mai pour réoccuper le secteur de la côte du Poivre, dont il poursuit l'organisation sous un bombardement des plus violents.

   Le 25 mai, la situation s'aggrave à notre droite : l'ennemi a attaqué puissamment de la carrière d'Audremont à Vaux, près de nous il s'est emparé du bois Nawé.

   Les trois bataillons du 138e se tiennent prêts à intervenir. A cet effet le bataillon DE CUSSAC est mis à la disposition du général LEGALLET, commandant la 112e brigade, et se porte dans le ravin ouest des Trois-Cornes.

   Le 2e bataillon le remplace à la position intermédiaire.

   Le bataillon BEAUMONT est en réserve à Bras.

   Sur tout le front, la bataille fait rage et nos troupes sont soumises à un bombardement intense.

   Dans la nuit du 27 au 28, la situation s'étant rétablie, le bataillon DE CUSSAC est rendu à la 23e division, et à partir du 28, les bataillons du Régiment sont ramenés progressivement sur la position de soutien et à la citadelle de  Verdun.

La citadelle de Verdun

   Ils remontent en ligne les 8, 9 et 10 juin, et du 22 au 25 juin, sont relevés définitivement et transportés à  Voulliers.

Bois Franco-Boche le 17 juin 1916 à 15h00. Photographie aérienne prise à 2400 mètres.

   Pendant cette période de trois mois, le 138e a eu seulement six jours de repos. Sous des bombardements effroyables, il a eu à créer des organisations complètes; il a participé aux attaques du bois Franco-Boche et prêté son concours aux attaques vers le bois Nawé. Il est épuisé nerveusement et physiquement, et a besoin de se reconstituer.

Bois Bride le 17 juin 1916 à 15h00. Photographie aérienne prise à 2400 mètres.

   Les pertes ont  été les suivantes :

   Tués : 104 hommes. Blessés: 6 officiers, 305 hommes. Evacués : 4 officiers, 259 hommes.

   Le 29 juin, embarquement en chemin de fer à Saint-Eulien. Débarquement dans la nuit du 29 au 30 à Fère-en-Tardenois.

 

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