HISTOIRE DU 138ème AVANT 1914

 

PERIODE ANTERIEURE A LA REVOLUTION

Le premier corps d'infanterie qui, dans l'histoire apparaisse sous le numéro 138 est constitué au début de la guerre de la Succession d'Espagne. Le 21 décembre 1701, sous le commandement du chevalier DE PEZEUX.

Il est ensuite placé sous les ordres du colonel LAFON-DE LA FERTÉ avec lequel il prend part aux opérations de VILLARS et TALLARD sur le Rhin et assiste au siège ainsi qu'à là prise de Landau le 17 Novembre I703.

Le régiment LAFON passe en 1705 à l'armée de Flandre et prend part en 1708, à la glorieuse défense de Lille d'où BOUFLERS, grâce à son héroïque résistance peut se retirer sur Douai avec armes et bagages.

Le régiment LAFON reparaît en 1711 à l'affaire d'Arleux, où il enlève d'assaut un fort sous un feu nourri et en traversant deux fossés où les hommes avaient de l'eau jusqu'aux épaules.

Ensuite l'armée de Flandre et avec elle le régiment LAFON est porté sur le Rhin et participe à la prise de Fribourg le 13 Novembre 1713.

Les 274 régiments constitués à la fin du règne de LOUIS XIV furent réduits à 121 et le régiment LAFON fut, par suite, licencié le 15 août 1714.

En 1740, l'infanterie française se composait encore des 121 régiments conservés à la fin du règne de LOUIS XIV mais à partir de cette époque, les exigences de la guerre de la Succession d'Autriche nécessitent des augmentations successives qui portent à 138 le nombre des régiments.

Le dernier crée est le Régiment d'ALBANIE formé par le Baron de LOCHEIL à Hesdin en 1747 des débris des corps Irlandais écrasés à Culloden. Il était destiné, comme tous les nouveaux régiments à rester pendant la campagne de Flandre dans les places qui vont de la Sarre à la mer, et il a tenu garnison à Dunkerque jusqu'au traité d'Aix-la- Chapelle.


Il est de nouveau licencié le 20 Décembre 1748 par ordonnance royale et fondu dans les régiments de ROYAL-ECOSSAIS et d'OGILWY.

 

Période de la Révolution.
CAMPAGNE DE 1795.

Nous trouvons le 138e reformé le 7 novembre 1794, à la suite de la loi d'amalgame, sous le nom de 138e demi-brigade.
Elle est constituée par un bataillon de ligne du 74e (Beaujolais) et deux bataillons de volontaires (Vosges et Vienne] sous les ordres du colonel BARJONNET et le haut commandement de JOURDAN.
Elle reste cantonnée dans les environs de Cologne jusqu'au printemps de 1795, époque à laquelle elle est dirigée avec toute la division sur Luxembourg pour y relever les troupes d'investissement. La ville capitule le 1er juin.
Le général Hatry, commandant le corps de siège, déclarait, dans son rapport : « Je ne puis assez faire l'éloge des troupes dont le commandement m'est confié. Malgré un feu vif et ininterrompu, de jour comme de nuit, les travaux d'approche n'ont pas été ralentis un seul instant. »
C'est le souvenir de ce brillant épisode que consacre la première inscription de notre drapeau.
De Luxembourg, la 138° demi-brigade est dirigée sur Coblentz et placée dans la brigade Schlachter (division Poncet); elle reste cantonnée dans un hameau, Neuendorf, où elle supporte vaillamment des privations de toutes sortes.
En septembre, la division Poncet franchit le Rhin et se porte sur Dietz.
Le passage de la Lahn, pour arriver dans cette dernière position, ne s'effectue pas sans un engagement très vif: les bords de la rivière sont très escarpés et il fallait déloger les Autrichiens fortement établis sur les hauteurs de la rive gauche, en arrière de Dietz.
Les ponts avaient été détruits, mais la 2e brigade (Soult) trouve un gué non gardé et enlève les premiers postes, suivie de près par la brigade Schlachter; l'ennemi est culbuté à la baïonnette et rejeté sur le Mein (7 septembre 1795).
Par suite des fautes de Pichegru qui abandonne la ligne du Mein et repasse le Rhin, en laissant investir Mannheim, l'armée de Sambre-et-Meuse (Jourdan) se trouve complètement découverte sur son flanc. Elle est obligée de battre en retraite et de se porter au secours de Mannheim à marches forcées, par des chemins défoncés et presque sans vivres.
La 138e arrive ainsi à Brezenheim, aux portes de Mayence. Mais Mannheim venant de capituler, JOURDAN arrête son mouvement (10 novembre).
Un armistice est signé presque aussitôt et le Directoire en profite pour donner à l'infanterie une nouvelle organisation : le nombre des demi-brigades est ramené à 110 et la 138e est versée, le 24 février 1796, dans la 24e ½ de bataille devenue 61e de ligne en mai 1796.

Période de l'Empire.
CAMPAGNE D'ALLEMAGNE
(1er février — 4 novembre 1813.)

Le 138° régiment d'infanterie est reconstitué le 1er février 1813, sous les ordres du colonel MARAN des 44e, 45e, 46e et 64e Cohortes de la garde, et dirigé sur Wurtzbourg, puis sur Erfurt : il fait partie de la 3e division (BRENIER) du 3° corps (maréchal NEY). Parti d'Erfurt le 26 avril, le 3e corps culbute l'avant-garde à Weissenfels et force, le 1er mai, le défilé de Poserna fortement occupé.
Les bataillons avancent en carrés, comme en Egypte, franchissent le défilé au pas de charge et poursuivent l'ennemi jusqu’à Lützen.

Programme pour l'anniversaire de la bataille de Lutzen en 1891.
Dessin du soldat Chambaret en 1894: la réconciliation franco-russe.


Mais là, le 3e corps, réparti entre cinq villages, reçoit brusquement le choc de toutes les forces ennemies.
Ecrasé par le nombre, il abandonne trois villages et, par une résistance acharnée, se maintient dans les deux autres jusqu'à l'arrivée de la garde.
Aussitôt soutenu, le 3e corps reprend l'offensive et, par un effort suprême, nos jeunes soldats, qui ont déjà supporté tout le poids de l'attaque, décident encore de la victoire (2 mai).
Les conscrits de 1813 avaient étonné par leur intrépidité les vétérans et les officiers de la Grande Armée.
« II y a vingt ans, dit l'Empereur dans son bulletin, que je commande les armées françaises : je n'ai jamais vu autant de bravoure et de dévouement. »
Le 138e eut à lui seul 14 officiers hors de combat.
C'est le nom de cette glorieuse victoire qui forme la deuxième inscription de son drapeau.
Le général BRENIER, blessé, est remplacé, le 4 mai, à la tète de la 3e division, par le général DELMAS, ancien divisionnaire des armées de la République, rappelé à l'activité.
Après Lützen, l'ennemi vigoureusement poursuivi se retire sur ses armées de seconde ligne solidement retranchées en arrière de Bautzen.
La division Delmas arrive, le 19 mai, à Niesendorf, en face de ce formidable camp retranché.
L'Empereur ne pouvait songer à enlever e iront une semblable position : c'est encore au 3° corps qu'incombe la lourde tache de la tourner par la droite ; on lui adjoignait, il est vrai, quelques corps de soutien.
Le 20 mai, le 3°' corps entre à Klix, malgré la vive résistance de l'ennemi.
Le 21, il s'empare du moulin de Glein et enlève Preititz aux Russes.
Mais ceux-ci, aussitôt renforcés, reprennent le village et refoulent nos troupes.
La division Souham battait précipitamment en retraite après l'évacuation du village; l'ennemi, qui la serrait de près, est arrêté par le 138e, qui se forme en carré sous les ordres du commandant DESWALS, et résiste pendant deux heures, sans être entamé, à toutes les attaques dirigées contre lui.
Cette résistance opiniâtre permet aux autres corps de se rallier et de se reporter en avant. Le général DELMAS fait reformer le 138e en colonne et lui ordonne d'enlever le village, ce qu'il exécute sans hésitation : il rentre dans Preititz le premier, après une brillante charge à la baïonnette.
L'ennemi tourné était obligé d'abandonner, presque sans pouvoir les défendre, des lignes qu'il croyait imprenables.
Comme à Lützen, le 138e s'était trouvé au poste le plus périlleux : il avait perdu 820 hommes dans ces deux batailles.
L'Empereur, pour reconnaître ses brillants services, lui accorda 2 croix d'officier et 50 de chevalier.
Bautzen est la troisième inscription du drapeau du 138e.

Pendant l'armistice de Pleswilz. le 138e est ramené de 4 à 3 bataillons, et reçoit du dépôt un renfort de 400 conscrits; il forme, avec le 145e, la 2e brigade (Vergez), et, après la reprise des hostilités, prend part aux différents combats livrés sur le Bober. Le 30 août, le colonel MARAN, nommé général de brigade, est remplacé à la tête du 138e par le baron d'ALBIGNAC.
Le 12 octobre, la division Delmas, tête d'avant-garde du 3e corps, attaque vigoureusement l'ennemi à Dessau et l'en chasse: cette brillante reconnaissance, où le 138e s'est particulièrement distingué, coûta à l'ennemi 3,000 hommes et quelques canons.
Le 18, en avant de Leipzig, la division Delmas dégage la division Durutte fortement compromise par la trahison des Saxons, puis est poussée, avec les deux autres divisions du 3e corps, sur Schonfeld déjà évacué et repris plusieurs fois. Sous cet effort suprême, le village est repris et occupé jusqu'au soir. Mais, écrasé par le nombre, le 3e corps est refoulé sur Rendwitz; les Russes et les Suédois s'avancent jusqu'aux maisons de Wolkmandsdorf.
La division Delmas les force encore à reculer, mais ces braves régiments sont assaillis, enveloppés par plus de 30,000 hommes et repoussés jusque dans les faubourgs de Leipzig : c'est dans cette lutte acharnée que le général DELMAS fut tué.
Le 138e laissait, sur le champ de bataille de Leipzig, 400 hommes et tous ses bagages.
Dans la retraite qui suivit, les débris du 138e prirent part à la bataille de Hanau (29 octobre) et arrivèrent à Mayence le 4 novembre.

CAMPAGNE DE FRANCE
(31 décembre 1813 — 1er août 1814.)

Cantonné à Andernach, le 138e constitue, avec ses débris et un détachement de Hollandais, un seul bataillon, et fait partie de la divison Ricard, du 6e corps (MARMONT).
Le général RICARD quitte ses cantonnements le 31 décembre 1813 et se retire sur Landau.
En route, il apprend que la division Durutte va être enveloppée par les Russes et, pour la seconde fois, vole à son secours.
Son arrière-garde, commandée par le colonel du 138e, rejoint le général DURUTTE qui, avec ce renfort, se dégage, rejoint le 6e corps et se retire avec lui sur Metz, Verdun, puis Saint-Dizier.
La division Ricard, laissée au défilé des Islettes pour en défendre le passage, est relevée quelques jours plus tard par une division venant de Mézières et se trouve momentanément placée sous les ordres du général GERARD.
Le corps Gérard rejoint l'armée de l'Empereur au lendemain des affaires de Saint-Dizier et de Brienne et la veille de la bataille de la Rothière : il s'établit à Dienville pour former l'aile droite de la ligne de bataille et garder le pont de l'Aube.
Attaqué par Giulay de front dans Dienville, et de flanc par la rive gauche de l'Aube, GERARD repousse toutes ces attaques et ne quitte ses positions que dans la nuit pour rejoindre l'armée qui se retire, sans être inquiétée, sur Troyes.
Dans cette mémorable journée. 100,000 conscrits n'ayant jamais tiré un coup de fusil tiennent tète, sans se laisser entamer, à 320,000 étrangers (1er février 1814).
A Troyes, le 138e reçoit du dépôt le 2e bataillon et se trouve placé sous le commandement de MARMONT qui doit attaquer et arrêter l'armée de Silésie marchant sur Paris.
Le 10, la division Ricard, à la suite d'une attaque des plus vigoureuses, enlève, en avant de Baye, un bois fortement occupé par les Russes, les rejette dans Champaubert et engage avec eux une lutte corps à corps qui permet à NAPOLEON de les faire tourner sur les deux flancs.
L'ennemi perdait 1,200 hommes, 1,800 prisonniers, 21 canons, et l'armée de Blücher était coupée en deux.
La division Ricard, placée le lendemain 11 avec la jeune et la vieille garde sous les ordres directs de l'Empereur, occupe Pommessonne en avant de Montmirail.
Vigoureusement attaqué, RICARD perd le village, puis le reprend et résiste pendant toute la journée aux assauts désespérés de l'ennemi: sa résistance opiniâtre permet à NEY de tourner les Russes et de les culbuter.
Dans cette chaude journée, la division Ricard avait eu presque tous ses officiers supérieurs hors de combat; le 138e, à lui seul, avait 4 officiers tués, 10 blessés.
Montmirail est, du reste, la 4e inscription de son drapeau.
Après deux jours de repos seulement, le 138e prend encore part, le 14, à la bataille de Vauxchamps où Blücher perd 7,000 hommes, 2,000 prisonniers et 15 canons.
Replacée sous les ordres de MARMONT, la division Ricard concourt à la belle défense des passages de la Marne et de l'Ourcq qui dura trois jours (27,28 février et 1er mars).
Elle est, le 9 mars, à la prise de Reims où elle fait prisonniers deux bataillons entiers, et, le 23, à l'affaire de Vertus.
Vivement pressés et presque entourés par des forces énormes, MARMONT et MORTIER se rejettent sur Paris.
Après une série de marches des plus pénibles (60 lieues en 72 heures), ils s'arrêtent, le 30 mars, à Pantin, et, avec les débris de leurs régiments réduits et exténués, tentent un suprême effort pour disputer aux alliés l'entrée de Paris.
Les masses ennemies sont deux fois enfoncées et refoulées sur les pentes de Romainville par les formidables poussées de cette poignée de braves; mais des renforts leur arrivent sans interruption, et MARMONT, écrasé, rejeté sur sa réserve (division Ricard), donne avec elle son dernier coup de boutoir; des hauteurs de Belleville, il se précipite sur le flanc des Russes qui reculent encore une fois, étonnés de tant d'audace.
Mais tant d'héroïsme ne devait pas servir : Montmartre venait d'être enlevé et Paris allait être pris d'assaut. MARMONT signe une capitulation et se retire à Essonne, puis à Versailles.
Le 138e, dans cette inoubliable et unique campagne, avait été complètement détruit : de ses deux bataillons, il ne lui restait, à son arrivée à Versailles, le 5 avril 1814, que 23 hommes présents sous les armes.
Ce glorieux débris rejoint, le 22 mai, le dépôt à Laval où le régiment doit être reconstitué.
Mais, après deux ou trois mouvements, le 138e est licencié le 1er août 1814 : les 314 sous-officiers et soldats, qui constituent son effectif à cette date, sont incorporés dans le nouveau 27e de ligne.
Le colonel d'ALBIGNAC prend le commandement du 3e de ligne et les officiers sont, les uns placés au 27e de ligne, les autres renvoyés en demi-solde.

Colonels et Chef-De-Brigade:
1794 :Colonel BARJONET
1813 :MATALY DE MARAN (Pierre) - colonel
1813 :Colonel d'ALBIGNAC (Jean-Philippe-Aimar)

Un des officiers ci-dessus a atteint le rang de la Général de Brigade :
MATALY DE MARAN, (Pierre)
Né :17 février 1770
Colonel :16 janvier 1813
Général de Brigade :30 août 1813
Chevalier du d'Honneur de légion :27 décembre 1811
Mort :31 octobre 1838


Colonels tués et enroulés tout en commandant le d'Infanterie de Ligne du régiment 138e
Colonel Mataly de Maran :blessé le 2 mai 1813
Officiers tués et blessés tout en servant avec le 138e régiment d’infanterie pendant la période 1813-1814
Officiers tué : 17
Officiers morts des blessures : 6
Officiers blessé : 67

CAMPAGNE DE 1870-71
(1er novembre 1870 — 20 mars 1871.)

En 1870, nous retrouvons le 138e à Paris où il est formé pendant le siège, d'abord sous le titre de 38e de marche.
Le 1er novembre, il est définitivement constitué, sous la dénomination de 138e régiment d'infanterie de ligne, à 3 bataillons de 6 compagnies chacun.
Il est placé sous les ordres du lieutenant-colonel ALLARD qui permute le 3 avec le colonel COLONIEU; celui-ci, peu après, cède lui-même au chef de bataillon GUIGOU le commandement du régiment pour prendre celui d'une brigade active.
Le 24 novembre, les différentes fractions du 138e, disséminées dans les forts, sont réunies et le régiment est dirigé sur Saint-Denis.
Cinq jours après, le 30 il prenait part à l'attaque d'Epinay.
Le 21 décembre, le 138e est dirigé sur le Bourget où il pénètre et se maintient toute la matinée.
Il évacue le village bombardé, à midi et demi, laissant sur le terrain 3 officiers tués, 2 blessés et 3 prisonniers, plus 296 hommes tués ou blessés et une compagnie laite entièrement prisonnière.
Un monument élevé dans le cimetière de la Courneuve consacre le souvenir des braves morts au Bourget.
Le 10 janvier 1871, le commandement du 138e est confié au lieutenant-colonel RABOT-DESPORTES.
Le 138e, rentré à Saint-Denis, y reste pendant le bombardement et revient à Paris le 29 janvier.
Le 20 mars, il est licencié et le corps d'officiers est versé au 95e de ligne.

Les combats du bourget du 21 décembre 1870

Formation du 138e en Haute-Vienne.

Par suite du décret du 29 septembre 1873, qui porte le nombre des régiments d'infanterie de 126 à 144, par la création d'un huitième régiment dans chaque corps d'armée, le 138e actuel est formé à Limoges, centre du 12e corps, sur le pied de 3 bataillons à 6 compagnies chacun, plus 3 compagnies de dépôt, soit 21 compagnies.
Ces 21 compagnies sont fournies par les 7 régiments primitifs du corps d'armée, à savoir : les 14e, 50e, 63e, 78e, 80e, 107e et 108e de ligne, à raison de 3 compagnies par régiment.
Toutes ces compagnies, moins celles du 14e, étaient en Afrique; elles arrivent à Limoges du 13 octobre au 9 novembre.
Le commandement du 138e est donné au lieutenant-colonel GIRGOIS, du 78e qui est nommé colonel le 23 décembre 1873.
Les trois compagnies de dépôt vont, le 1er octobre 1874, tenir garnison à Magnac-Laval.

Mouvements et modifications du 138e jusqu'au 1er avril 1888.

1875.

La loi du 13 mars 1875 fixe la composition des régiments d'infanterie à 4 bataillons de 4 compagnies, plus 2 compagnies de dépôt.
Par suite, les 5e et 6e compagnies du 3e bataillon, ainsi que la 3e du dépôt, sont supprimées, et les officiers mis à la suite.

1876.

Le 4 mai 1876, M. le colonel GIRGOIS, admis à la retraite, est remplacé à la tête du 138e par M. le colonel RENAUD, qui vient, comme lieutenant-colonel, du 47e.
Le 12 août 1876, le 4e bataillon rejoint le dépôt à Magnac-Laval : il en repart le 16 novembre de la même année pour Paris et est remplacé à Magnac-Laval par le 1er bataillon.

1877.

En novembre 1877, le 1er bataillon rentre à Limoges, et le 2e va le remplacer à Magnac-Laval.

1878.

En octobre 1878, le 3e bataillon se rend à Magnac-Laval pour relever le 2e, qui revient à Limoges, et le 1er bataillon est dirigé sur Paris, où il va remplacer le 4e bataillon, qui rentre à Limoges.

1879.

Le 15 octobre 1879, les deux bataillons de Limoges (2e et 4e), ainsi que l'état-major du régiment, se rendent à Bellac, leur nouvelle garnison.

1880.

Le 25 juillet 1880, le nouveau drapeau du régiment est reçu, dans une revue solennelle, à la portion principale du corps, à Bellac.

1881.

Le 1er avril 1881, le 4e bataillon relève à Magnac-Laval le 3e bataillon, qui le remplace à Bellac.

 

EXPEDITION DE TUNISIE
24 septembre 1881- 6 avril 1883

En septembre 1881, le 1er bataillon, détaché à Paris, est renforcé par un détachement provenant des bataillons de Bellac et Magnac-Laval et part le 24 pour Sousse (Tunisie), où il débarque le 29.
Il forme, avec les bataillons de 19ème et 62ème de ligne, le 14ème régiment de marche et fait partie de la 7éme brigade de renfort.
Le bataillon du 138ème est commandé par le chef de bataillon JEGU, le 14ème de marche, par le lieutenant-colonel LANES, la 7ème brigade par de général ETIENNE.
Le 7 octobre, la brigade part pour Sousse en reconnaissance sur M’Saachem.

La 2ème Compagnie du bataillon, envoyée en avant avec un escadron de hussards, est entourée par les Arabes à la hauteur de Moureddin et ce n’est qu’après une heure de lutte qu’elle parvient à se dégager : elle avait deux hommes tués et un blessé. Ce dernier, le soldat de première classe TARAYRE, fit preuve d’un courage et d’un sang-froid exceptionnels ; il en fut récompensé quelques temps après par la médaille militaire.
Au retour, le bataillon chargé de l’escorte du convoi, fait pendant tout le trajet le coup de feu contre les Arabes qui le harcèlent sans relâche.
Le 17 octobre, les 1ère et 2ème compagnies font partie d’une reconnaissance qui déloge l’ennemi d’une position importante. Le 20 octobre, le 14ème de marche fait partie de la colonne qui doit camper à Kalasghira.
A l’arrivée, le 138ème fournit les avant postes qui, pendant toute l’après-midi et la journée du lendemain, repoussent les attaques de l’ennemi. La 1ère Cie envoyée en reconnaissance inflige aux Arabes des pertes sérieuses ; leur chef principal, Ali Ben Amar, était au nombre des morts. Dans ces différents engagements, le bataillon eut deux blessés.

Au mois de décembre, le 138ème occupe Kairouan.
Après une série de marches et de reconnaissances le 14ème régiment de marche est dissous, le 10 juin 1882, le bataillon du 138ème est affecté au cercle de Kairouan.
Le 30 juin le bataillon quitte Kairouan arrive à Monastir le 25 août, en repart le 18 novembre pour Sousse où il s’installe le même jour.
Le sous-lieutenant DE MARTIGNY détaché à la Cie mixte de Kairouan est tué le 2 septembre au combat de Djebel Metugue. Le 6 décembre le bataillon est dirigé sur le camp de Zarzio qu’il doit garder et fortifier.
Le bataillon quitte le camp le 1er mars 1883, est rapatrié le 27 mars et arrive à Bellac le 6 avril.

1883.

Le 2 juin 1883, M. le colonel RENAUD, nommé général de brigade, est remplacé à la tête du 138e de ligne par M. le colonel DENIEPORT qui était, auparavant, lieutenant-colonel directeur des études à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr.
Le 1er octobre, le 4e bataillon vient à Bellac et le 1er se rend à Magnac-Laval.
Le 10 octobre, le 2e bataillon se rend de Bellac dans les forts de la Haute-Moselle où les compagnies arrivent le 3 novembre 1883.

1884.

Le 14 octobre 1884, les lre, 2e et 3e compagnies se réunissent à Remiremont et en partent le 15, avec l'état-major du bataillon, pour rejoindre à Epinal la 4e compagnie qui s'y est rendue directement.

1886.

Le 1er juillet 1886, le 3e bataillon quitte Bellac pour se rendre à Epinal où il va relever le 2e bataillon; il y arrive le 29 juillet.
Le même jour, le 2e bataillon part d'Epinal et arrive à Bellac le 25 août.
Le 23 septembre, le 4e bataillon, en rentrant des manœuvres, se rend directement à Magnac-Laval où il relève le 1er bataillon qui le remplace à Bellac.

1887.

Le 1er octobre 1887, par application de la loi du 25 juillet 1887, le 3e bataillon, détaché dans l'Est, passe au 149e régiment d'infanterie (régional), le 4e bataillon (Magnac-Laval) prend le n° 3, les deux compagnies de dépôt sont supprimées et il est constitué des cadres complémentaires.

1888.

Le 138e est, par conséquent, réparti de la façon suivante : Les 1er et 2e bataillons à Bellac; Le 3e à Magnac-Laval. Et cela jusqu'en 1914.

Bellac (?) vue par le soldat Chambaret en 1894.

En 1895 il envoie un bataillon à Madagascar.

A la déclaration de guerre en 1914 le drapeau du 138ème porte les inscriptions des batailles suivantes


Honneur
Et
Patrie
Luxembourg (1795)
Lutzen (1813)
Bautzen (1813)
Montmirail (1814)

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